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Sous le poids de craintes qui s'accumulent, l'Europe accuse toujours le coup
information fournie par Zonebourse 23/03/2026 à 08:37

Les Bourses européennes devraient poursuivre leur mouvement de repli lundi matin, les investisseurs se montrant toujours très prudents face à la flambée des prix du pétrole et à l'évolution toujours préoccupante du conflit au Moyen-Orient. A ce stade de la matinée, les contrats à terme sur indices suggèrent un recul de 1,7% pour le CAC 40 à Paris, de l'ordre de 2,1% pour le DAX à Francfort et de 1,9% pour l'Euro STOXX 50.

Les grandes places du Vieux Continent devraient ainsi entamer cette semaine comme elles avaient fini la précédente, dans le rouge, faute de parvenir à dépasser les incertitudes liées aux implications économiques et financières de la guerre contre l'Iran.

Le marché parisien avait fini la séance de vendredi sur des pertes de 1,8% à 7 665,6 points pour terminer la semaine sur une baisse de 3,1%, sa troisième consécutive en territoire négatif. Depuis le début des affrontements au Proche-Orient, le CAC a reculé de plus de 10,6%, ce qui le place désormais en territoire de correction

L'indice européen Euro STOXX 50 a quant à lui chuté de 3,9% la semaine passée et perd 5,1% depuis le début de l'année.

Après plus de trois semaines d'affrontement, les dernières nouvelles sur la guerre ne sont guère encourageantes, Donald Trump ayant menacé hier l'Iran de frappes sur ses infrastructures électriques si le détroit d'Ormuz n'était pas rouvert dans un délai de deux jours.

Téhéran a de son côté franchi un nouveau palier ce week-end en visant la base américano-britannique de Diego Garcia, située au coeur de l'océan Indien, à plus de 4 000 km de ses côtes, puis en tirant un missile sur la ville israélienne de Dimona, proche d'un réacteur nucléaire.

Avec l'envolée du pétrole, un horizon conjoncturel de plus en plus sombre

A la lueur de ces événements, les retombées du conflit restent toujours aussi préoccupantes, la hausse des cours du pétrole augurant d'une nouvelle accélération de l'inflation tout en alimentant les craintes d'un brusque coup de frein au niveau de la croissance.

Le conflit déclenché par l'opération "Epic Fury", menée conjointement par les Etats-Unis et Israël, a provoqué un choc d'ampleur sur les marchés de l'énergie, qui ne semble pas sur le point de se résorber dans l'immédiat.

Si les prix de l'or noir ont eu tendance à se stabiliser la semaine dernière, ils semblent surtout s'installer durablement à des niveaux élevés.

A plus de 99,6 dollars, le baril de brut texan (WTI) affiche une progression marginale par rapport aux 98,7 dollars affichés il y a un peu plus d'une semaine. Mais cette stabilité apparente masque toutefois une tension structurelle forte : les prix évoluent désormais bien au-delà de leur plancher de 65 dollars touché à la fin du mois de février.

En Europe, le Brent se tend de nouveau de 2,2% pour s'établir à 108,7 dollars ce matin. Il affiche maintenant une envolée spectaculaire de 75% depuis le début de l'année.

Au vu de l'ultimatum fixé par Donald Trump, certains analystes estiment qu'une envolée du Brent vers le seuil des 120 dollars ne relève plus d'une simple anomalie passagère ni même d'un scénario de type "cygne noir".

Le réajustement en cours ne fait donc que refléter la montée des craintes d'une période de "stagflation" conjuguant croissance faible et inflation élevée.

A en croire les équipes de Saxo, le choc actuel porte toutes les caractéristiques claires d'une situation "stagflationniste".

"Si l'inflation reste élevée tandis que la croissance s'affaiblit, les banques centrales devront faire face à un compromis difficile entre assouplir la politique et risquer un regain d'inflation, ou rester restrictives et approfondir le ralentissement", prévient la banque danoise.

A Wall Street, l'élan haussier qui avait porté les actions américaines en début de semaine passée s'est d'ailleurs vite essoufflé, les principaux indices new-yorkais ayant essuyé des pertes hebdomadaires d'environ 2%.

Cette quatrième séance consécutive de baisse hebdomadaire place désormais l'indice S&P 500 à près de 7% de son sommet historique atteint fin janvier. De son côté, le Nasdaq accuse un recul de 9,6% par rapport à son pic d'octobre 2025, se rapprochant comme le CAC du seuil critique des 10% synonyme d'une entrée en zone de correction.

La prudence de mise avant les PMI

La semaine qui commence donnera aux investisseurs l'occasion de tester la fiabilité de leurs hypothèses économiques: en Europe, la publication demain des indices d'activité PMI préliminaires pour le mois de mars offrira un premier aperçu de l'impact du renchérissement du pétrole sur l'activité économique.

"Les projecteurs seront braqués sur la composante des "prix payés"", rappelle-t-on chez CMC Markets.

"Ce sera le véritable juge de paix pour mesurer la vitesse à laquelle le choc énergétique se propage aux entreprises. Si les coûts d'intrants s'emballent, cela validera le scénario noir d'une inflation persistante, forçant les marchés à acter que la hausse des prix est là pour durer", prévient la la maison de courtage.

Signe de l'aversion au risque généralisée, le cours de l'or décroche de plus de 7% ce matin après avoir chuté de près de 10% la semaine dernière, soit sa pire correction hebdomadaire depuis 1983.

A 4 213,8 dollars l'once, le métal jaune se situe dorénavant très loin de son plus haut historique établi au-delà de 5 500 dollars à la fin du mois de janvier.

Même le compartiment obligataire n'échappe pas à la tempête actuelle. Outre-Atlantique les rendements des obligations d'État américaines ont progressé pour la troisième semaine consécutive, propulsant le rendement des Treasuries à 10 ans à 4,39% vendredi soir, leur plus haut niveau depuis environ huit mois.

Ce regain de tension reflète l'inquiétude persistante des investisseurs face à la remontée des prévisions d'inflation et à l'anticipation d'un calendrier de baisses de taux plus restreint que prévu de la part de la Réserve fédérale.

Des supports techniques à surveiller

Au vu de la récente dégradation de la configuration graphique des indices européens, les investisseurs devraient par ailleurs garder les yeux rivés sur des seuils pivots qui pourraient céder à tout moment.

A Francfort, le DAX semble sur le point de tester sa zone de support critique autour des 23 050 points, dont la rupture constituerait un signal d'alerte majeur traduisant une dégradation profonde des perspectives de croissance outre-Rhin.

A Paris, l'enfoncement des 7 768 points pourrait contraindre le CAC à rallier la zone des 7 660 points, avertissent les chartistes.

Pour naviguer dans ce climat d'incertitude, les stratèges de Saxo préconisent de "se protéger tout en restant agile".

Ils recommandent notamment de parier sur les actifs "tangibles" dans les matières premières et l'énergie, considérés comme les grands gagnants d'une inflation tirée par l'offre mais aussi comme une assurance naturelle pour prémunir son portefeuille.

L'établissement scandinave conseille également d'accorder la priorité à la "qualité" en Bourse en oubliant les paris risqués et en misant sur des entreprises solides (secteurs défensifs) capables d'imposer leurs prix malgré la hausse de leurs coûts ( pricing power ).

Enfin, Saxo conseille de privilégier les obligations à court terme pour éviter de subir de plein fouet la hausse des taux tout en conservant du cash disponible afin de saisir des opportunités d'achat sur les marchés venaient à décrocher trop brutalement.


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